Reprise solidaire : l’USAM n’aura pas le dernier mot.

Les mesures de reprise économique foncièrement néolibérales de l’USAM sont absolument inacceptables. La Jeunesse socialiste vaudoise en appelle à une reprise solidaire, qui prenne en compte l’intégralité de la population, renforçant les droits des salarié·e·s, et non seulement les petites et moyennes entreprises comme le défend l’USAM.

Les chiffres annoncés par le Secrétariat d’Etat à l’Economie (SECO) le 23 avril dernier ont fait l’effet d’un choc : la crise de Covid-19 qui frappe actuellement la Suisse pourrait faire reculer le produit intérieur brut (PIB) de 6,7% avec un taux de chômage risquant d’atteindre les 3,9%. Ce serait là la plus grande récession économique qu’ait connue la Suisse depuis la crise liée au choc pétrolier en 1975.

Or, face aux appels à l’intervention devenue absolument nécessaire de l’Etat, l’Union suisse des arts et métiers (USAM) a fait connaître le 30 avril dernier les mesures qu’elle préconise pour la reprise économique du pays. Des mesures à faire pâlir de honte le plus fervent des libéraux : baisse des salaires, assouplissement et extension du travail, assouplissement des horaires d’ouverture des magasins et ouvertures dominicales, relance des chantiers sans délai, abandon des augmentations de cotisation aux assurances sociales, notamment dans le cadre de l’AVS et de la LPP. L’association faîtière des petites et moyennes entreprises (PME) demande par ailleurs qu’aucun impôt ou taxe supplémentaires ne soient mis en place par l’Etat du fait de la crise.

Pour la Jeunesse socialiste vaudoise, les mesures préconisées par l’USAM, que celle-ci a le cran d’appeler un « redémarrage intelligent », sont non seulement fondamentalement antisociales par leur caractère néolibéral éhonté, mais foncent surtout droit dans le mur : comment imaginer pouvoir relancer l’économie sur le dos de la population ? Même en s’inscrivant dans la logique productiviste capitaliste, ces mesures paraissent contradictoires : à quoi bon relancer la production en rognant drastiquement le revenu, et donc la capacité de consommation des salarié·e·s, pourtant si souvent invoquée par la droite libérale ? Les mesures de l’USAM sont aussi absurdes que dangereuses, et risquent de mettre en grave danger financier des tranches de la population que la crise de Coronavirus a déjà jetées dans une précarité parfois extrême, sauvées de justesse par les assurances sociales. La Jeunesse socialiste relève par ailleurs, non sans une certaine amertume, que le patronat, encore une fois, cherche à démanteler l’Etat qu’il n’a pourtant pas hésité à solliciter pendant la crise et dont il a tant profité, notamment par le chômage partiel, alors que ce même patronat entre désormais dans une phase de licenciements massifs.

Economie et société ne doivent pas s’opposer : aujourd’hui plus que jamais, il y a une nécessité vitale à ce que personne ne soit laissé pour compte. La Jeunesse socialiste vaudoise en appelle aux autorités pour rejeter sans négociations les revendications de l’USAM et prendre les mesures nécessaires de manière à assurer que la reprise soit solidaire et non précarisante, à l’inverse de celles promulguées par cette association patronale : introduction d’un salaire minimum au niveau fédéral, renforcement et unification du droit du travail (cogestion ouvrière, etc.) et des assurances sociales (renforcement de l’AVS), protection des secteurs de la distribution et de la construction que vise l’USAM, interdiction de versement des dividendes et des licenciements aux entreprises ayant bénéficié du chômage partiel ou de l’aide de l’Etat et, surtout, introduction d’un impôt spécial sur les fortunes et les bénéfices. Car ce n’est pas aux travailleuses et aux travailleurs de se sacrifier au nom des bénéfices du patronat.

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